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Mode de vie physiquement actif

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Mode de vie où des activités physiques sont intégrées au quotidien, tant pour le loisir que pour des raisons utilitaires comme les déplacements. Dans un contexte où la population est de plus en plus sédentaire, avec d’importants problèmes de santé publique associés, la promotion d’un tel mode de vie participe de politiques publiques en matière de prévention et d’amélioration de la santé.

Plusieurs caractéristiques de l’environnement bâti dans lequel évoluent les individus peuvent influencer l’adoption et le maintien d’un mode de vie physiquement actif. Des milieux de vie compacts où diverses activités sont rapprochées des résidences, un design de rues qui facilite et sécurise les déplacements, ainsi qu’un service de transport collectif accessible et efficace, sont parmi ces caractéristiques.

La diminution de l’activité physique et ses conséquences

La sédentarité ou l’inactivité physique, soit un niveau d’activité physique allant de faible à nul, caractérise le mode de vie d’une proportion croissante de la population, au Québec comme en Amérique du Nord en général.

Plusieurs modifications de notre société et de notre mode de vie expliquent cette tendance, allant de l’automatisation du travail et des tâches ménagères à l’augmentation du « temps-écran », en passant par la motorisation des déplacements.

Les conséquences de la sédentarité

La sédentarité préoccupe de plus en plus les acteurs de santé publique. Principal facteur, avec l’alimentation, de l’épidémie de surpoids et d’obésité que connaissent les sociétés occidentales (22 % des adultes québécois sont obèses), la sédentarité est aussi associée à des problèmes de santé majeurs tels que le diabète, les maladies cardio-vasculaires et plusieurs cancers (Audet, 2007; OMS, 2010). Les coûts de santé reliés à la sédentarité étaient évalués en 2006 à 2,1 milliards de dollars au Canada (Québec. ASSSM, 2006).

Les obstacles à un mode de vie physiquement actif

Si une partie de l'activité physique quotidienne peut être réalisée durant les loisirs, le manque de temps et la compétition des loisirs sédentaires font en sorte qu'il est illusoire de miser sur les seuls loisirs pour favoriser les niveaux journaliers d’activité physique recommandées, soit pour les adultes 30 minutes d’activité modérée à intense, et le double pour les enfants (Kino-Québec, 1999). La pratique d’activités physiques utilitaires, comme les déplacements actifs, devient dès lors particulièrement pertinente. Un consensus est établi sur l’importance de favoriser ce type d’activités, d’autant qu’un exercice comme la marche est susceptible d’être pratiqué par toutes les catégories de la population.

L'éparpillement des activités force la dépendance à l'automobile – Source : Vivre en Ville
Pourtant, depuis 60 ans, les villes québécoises ont perdu l’échelle du piéton, et la situation ne cesse de s’aggraver. L’organisation et la forme des collectivités ont été en majorité conçues en fonction des déplacements automobiles, notamment par l’étalement urbain et la séparation des activités qui le caractérise, consolidant une dépendance envers l’automobile et affectant les conditions de pratique des déplacements actifs. Entre autres conséquences :

  • la marche comme moyen de déplacement entre la maison et l’école a diminué de 50 % en 30 ans (QEF, s.d.);

  • 55 % des adultes québécois marchent aujourd’hui moins d’une heure par semaine (Québec. ASSSM, 2006).

Les caractéristiques de l’aménagement du territoire et de l’environnement bâti ne sont toutefois pas immuables. Il est possible de modifier les aménagements en considérant les éléments qui ont une influence positive sur l’activité physique.

Vers un environnement bâti qui fait marcher

Il existe un lien de causalité maintes fois démontré entre la forme urbaine, le niveau d’activité physique des citoyens et la santé de la population (Booth et al., 2005; Demers, 2006; Frank et Engelke, 2001; INSPQ, 2010, MSSS, 2012).

Les caractéristiques de l’environnement bâti susceptibles de favoriser l’adoption et le maintien d’un mode de vie physiquement actif concernent principalement le potentiel piétonnier : des éléments qui rendent possibles et pertinents les déplacements à pied. Dans le domaine du design urbain, les principaux facteurs favorisant la pratique de la marche sont connus sous l’appellation des « 3 D » : Densité, Diversité des activités et Design. Récemment, deux autres « D » se sont ajoutés à la littérature : Destinations accessibles et Distance du transport en commun (Cervero et Kockelman, 1997; City of New York, 2010). La présence et la qualité des infrastructures de transport actif, ainsi que des infrastructures sportives et récréatives sont d’autres éléments corrélés à la pratique d’activité physique.

Densité, diversité des activités et design

Dans le quartier Montcalm, à Québec, la densité et la mixité des activités favorise les déplacements actifs – Source : Accès transports viables
La densité d’habitations, la compacité de la forme urbaine et la mixité des activités sont autant de caractéristiques de l’environnement bâti permettant de maximiser le nombre de destinations accessibles dans un proche périmètre d’une résidence, et ce pour le plus grand nombre de résidents. La proximité de destinations variées, permettant de répondre aux besoins quotidiens des individus, est en fait la base de tout déplacement actif.

La proximité dépend non seulement de la distance à vol d’oiseau, mais aussi de la distance à parcourir selon la trame de rues des quartiers. C’est ici que le design entre en jeu, puisque la connectivité d’un réseau de rues (comprenant un maximum d’intersections de même que des liens piétonniers à des endroits stratégiques) contribue à réduire la longueur des déplacements et à favoriser l’utilisation des modes de transport actifs.

Les personnes vivant dans un quartier compact effectuent jusqu’à 40 % moins de déplacements motorisés (Ewing et al., 2008) et sont 2,4 fois plus enclines à effectuer le niveau quotidien d’activité physique recommandé pour éviter les problèmes liés à la sédentarité (Québec. ASSSM, 2006).

L’importance des infrastructures de transport

La présence de trottoirs, de rues piétonnes et de pistes cyclables dans les quartiers est associée à la pratique d’activité physique des citoyens, et ce, principalement durant leurs transports (INSPQ, 2010). C’est d’ailleurs dans les villes où l’on retrouve le plus grand nombre de kilomètres de pistes cyclables par habitant que la part du vélo comme mode de déplacement est la plus élevée, selon une étude portant sur neuf villes nord-américaines (Pucher, Buehler et Seinen, 2011).

Pour ce qui est des infrastructures routières, le volume et la vitesse de la circulation automobile ont un impact direct sur la sécurité réelle et perçue des piétons et des cyclistes, particulièrement pour les enfants (Québec. ASSSM, cité dans Coalition Poids, 2012). Des aménagements et des mesures d'apaisement de la circulation, telles qu’une chaussée étroite, des avancées de trottoirs ou des dos d’âne peuvent réduire la vitesse des automobiles et favoriser les déplacements actifs, tout en encourageant la réappropriation de la rue ou des ruelles comme espaces de jeu et d’activité physique.

Confort et qualité des aménagements

Des aménagements de qualité peuvent encourager encore davantage les déplacements actifs, en assurant la sécurité, mais également le confort et le plaisir des usagers. De larges trottoirs, du mobilier urbain pour se reposer, des éclairages adéquats et surtout un entretien tout au long de l’année assurent de bonnes conditions pour les piétons. Jan Gehl (2012) a abondamment documenté l’importance d’offrir des expériences intéressantes aux piétons pour que ceux-ci aient envie de circuler à pied dans l’espace public, en insistant sur la notion d’échelle humaine. La largeur et l’encadrement de la rue, la présence de végétation, la qualité architecturale des bâtiments, ainsi que les entrées sur rue jouent notamment un rôle dans le sentiment de confort et de sécurité des piétons et des cyclistes.

Infrastructures récréatives et espaces publics

L’activité physique, tant des adultes que des jeunes, augmente avec la présence, dans les quartiers résidentiels, d’infrastructures récréatives et sportives, comme les parcs, les piscines, les terrains de jeux et les clubs sportifs (INSPQ, 2010). L’accès à des espaces pour bouger et jouer de façon non organisée favorise ainsi un mode de vie physiquement acitf.

Le transport collectif, un mode de déplacement actif

Le transport collectif peut être considéré comme un mode de déplacement actif, puisque son utilisation implique minimalement une part de marche pour se rendre à l’arrêt ou à la station de transport en commun, puis de l’arrêt à la destination finale (Vivre en Ville, 2012).

À Montréal, les usagers du transport en commun font en moyenne 2 500 pas par jour pour y accéder et aux correspondances, ce qui représente 25 % de l’activité physique recommandée au quotidien (Morency, Trépanier et Demers, 2011). Il est par ailleurs intéressant de constater que les usagers du transport en commun marchent autant que ceux qui se rendent au travail à pied (Lachapelle et Noland, 2012).

Les résidents ayant accès à un service de transport en commun à proximité de leur résidence seront plus enclins à l’utiliser, ce que démontre la part modale du transport en commun quatre fois plus élevée dans les quartiers très denses que dans les quartiers de faible densité, et ainsi à réaliser une activité physique quotidienne (Banister et Hickman, 2006; City of New York, 2010).

Une mauvaise localisation des services et des activités n'est pas favorable à un mode de vie physiquement actif – Source : Vivre en Ville

Destinations accessibles

Les résidents d’une collectivité n’auront que de faibles probabilités de recourir aux transports actifs pour leurs déplacements de navettage si la localisation des activités les rend difficilement accessibles à pied, à vélo ou en transport collectif.

Pour encourager la pratique quotidienne des transports actifs, les principales destinations d’une collectivités (grands employeurs, institutions, équipements publics, etc.) gagnent à être rapprochées du plus grand nombre possible de résidences et à être regroupées dans une centralité d’agglomération, idéalement desservi par le transport collectif. Les lieux de destinations encouragent également les déplacements actifs lorsqu’ils sont accessibles à partir de la rue, par exemple en ayant un accès direct sur le trottoir et en évitant aux piétons de traverser de grandes surfaces de stationnement.

Stratégies et exemples

Différentes stratégies et mesures peuvent être mise en place par les collectivités afin d’intégrer les caractéristiques de l’environnement bâti qui favorisent un mode de vie actif. Au Québec, de nombreuses organisations œuvrent dans ce domaine

Viser la création de milieux de vie complets

Que ce soit pour la création d’un nouveau quartier résidentiel, ou pour rendre un milieu existant plus favorable à l’activité physique quotidienne, le développement de milieux de vie complets devrait être privilégié. De plus en plus, des projets d’écoquartiers tentent d’intégrer les caractéristiques de milieux de vie complets à fort potentiel piétonnier. Pour favoriser un mode de vie physiquement actif dans le nouveaux quartiers comme dans les quartiers en transformation, les outils de planification et de réglementation des municipalités devraient notamment prioriser la mixité des activités au sein d’un même quartier.

Améliorer et mieux intégrer l’offre de transports collectifs et actifs

La création de quartiers axés sur les transports en commun (transit-oriented developments), l’amélioration globale de l’offre en transport collectif et de l’intermodalité des transports sont également des stratégies porteuses. Le plans de mobilité durable de la ville de Sherbrooke ou de Québec, ainsi que le Plan de transport de la Ville de Montréal, constituent d’excellents exemples à ce sujet, et leur mise en application sera porteuse d’enseignements.

Modérer la circulation et sécuriser les déplacements

Assurer aux piétons et cyclistes des infrastructures convenables et entretenues constitue le premier pas qu’une municipalité peut poser en faveur des déplacements actifs, par exemple en exigeant des trottoirs lors de la construction de toute nouvelle rue résidentielle. De plus, afin de sécuriser et de promouvoir les déplacements actifs, les rues locales d’une municipalité gagnent à voir implantées des mesures de modération de la circulation. Plusieurs initiatives et programmes québécois contribuent également aux transports actifs sécuritaires, tel que « À pied, à vélo, ville active », qui vise à favoriser les déplacements actifs des enfants entre la maison et l’école, ainsi que le projet « Quartiers verts, actifs et en santé ». Aux États-Unis, la démarche des « Rues complètes » a des objectifs similaires.

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Références

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