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Localisation écoresponsable des bureaux

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Une localisation écoresponsable des activités de bureaux correspond à un choix d'emplacement qui intègre des critères éthiques, sociaux et environnementaux.

La localisation d’une entreprise a en effet des incidences directes sur les synergies urbaines, la qualité de vie des travailleurs et les émissions de gaz à effet de serre générés par les déplacements quotidiens des clients et des employés. Par ailleurs, de plus en plus d’organisations reconnaissent la localisation de leurs bureaux comme un élément central de leur stratégie corporative, tant pour se distinguer dans leur industrie que pour attirer et retenir les meilleurs talents.

Le concept de localisation écoresponsable

Caractéristiques

Les activités de bureau considérées ici sont de nature créative, administrative ou professionnelle et se caractérisent par une densité d’employés élevée, des équipements légers et une compatibilité avec la proximité d’habitations, ce qui exclut les activités industrielles.

Une entreprise qui choisit une localisation écoresponsable pour ses activités de bureau retient (Vivre en Ville, 2019) :

  • un lieu qui apporte une plus-value à l’entreprise, notamment parce qu’il reflète son image de marque, qu’il la positionne avantageusement dans son cercle d’affaires et qu’il lui permet d’attirer et de retenir les meilleurs talents ;
  • un milieu de vie stimulant pour les employés. Les employés choisissent le milieu de vie où ils désirent habiter, mais passent une grande partie de leur temps sur le lieu de travail : l’entreprise favorise leur engagement en leur offrant un deuxième milieu de vie attrayant, animé, qui répond à leurs besoins du quotidien, qui favorise leur bien-être et la conciliation entre travail et vie personnelle ;
  • un lieu qui minimise l’empreinte écologique des déplacements liés au travail en visant une excellente accessibilité par les modes de déplacement collectifs et actifs, ce qui se traduit par une localisation au cœur du bassin d’emploi ;
  • un emplacement qui contribue à consolider le territoire, qui soutient le tissu économique local, qui bénéficie à la communauté et dont l’influence sur les finances publiques est positive.

La localisation écoresponsable des activités de bureau contribue donc autant à la prospérité de l’entreprise qu’à la prospérité collective, puisqu’elle bénéficie aux employés, au tissu économique, à la collectivité et à l’environnement.

Les caractéristiques d’une localisation écoresponsable | Source : Vivre en Ville

Milieux à privilégier

Concrètement, certains milieux ont davantage de chances que d’autres d’offrir des emplacements optimaux en termes d’écoresponsabilité. Les centralités d’agglomération (centre-ville, centre secondaire) sont des pôles d’emploi situés au cœur des réseaux de transport et le plus souvent compacts, mixtes et à échelle humaine, ce qui favorise les courtes distances, une offre commerciale et de services riche et variée, et une animation continue (Vivre en Ville, 2017). Les centralités d’agglomération sont donc particulièrement propices à des choix de localisation écoresponsable. Ils ne sont pas les seuls : les centralités locales (noyau villageois, rue principale, cœur de quartier) cumulent également des atouts intéressants.

Le profil de l’entreprise et la nature précise des activités à implanter permettent de déterminer plus précisément le type de centralité le plus à même d’accueillir les bureaux dans une perspective d’écoresponsabilité. Par exemple, un comptable peut choisir une centralité locale si cette dernière est localisée à proximité de sa clientèle. Une grande entreprise a quant à elle intérêt à choisir, pour son siège social, une centralité d’agglomération offrant une accessibilité maximale pour les employés, mais pourrait ouvrir une succursale dans une centralité locale, pour offrir plusieurs options de lieux de travail selon l’endroit où résident ses employés.

De manière générale, pour des bureaux, une localisation écoresponsable exclut :

  • les zones industrielles, qui constituent rarement des milieux de vie stimulants et qui ne bénéficient pas à la communauté ;
  • les secteurs aménagés pour l’automobile et hostiles aux piétons, qui encouragent les déplacements en automobile au détriment de tous les autres ;
  • les secteurs aux limites de la ville, qui encouragent les longues distances et qui impliquent souvent des investissements publics.

Les avantages d’un choix immobilier écoresponsable

Accroître sa compétitivité

L’adresse a une portée symbolique : elle constitue l’image de marque et la carte de visite d’une entreprise, tant pour les employés potentiels que pour les partenaires d’affaires. En choisissant une localisation écoresponsable pour ses bureaux, une entreprise met sa stratégie immobilière au service de sa stratégie d’affaires, en favorisant notamment :

  • la visibilité de l’entreprise et son accessibilité pour les différents partenaires d’affaires;
  • le recrutement et la rétention des meilleurs collaborateurs (Peiser et Hamilton, 2012) ;
  • le bien-être, la santé et la productivité des employés, notamment de ceux qui profitent des attraits d’une localisation écoresponsable pour se rendre à pied ou à vélo au travail et ainsi intégrer une activité physique à leur routine quotidienne (Québec. INSPQ, 2014). La diminution du temps de navettage favorise par ailleurs l’augmentation du temps de travail (Mercer, 2017).

Concrétiser le discours sur l’environnement

Un secteur complet et animé qui offre un deuxième milieu de vie aux employés des bureaux qui y sont implantés | Source : Vivre en Ville

Se localiser de façon écoresponsable est une option efficace pour réduire l’empreinte carbone d’une entreprise : le navettage des employés émet en moyenne environ autant de gaz à effet de serre que les activités de bureau et l’exploitation de leur bâtiment réunies. Les émissions issues du navettage ont en outre tendance à augmenter (Québec. MDDELCC, 2018) quand celles du bâtiment diminuent (Vivre en Ville, 2019). En tirant parti d'un milieu urbain dense et d'une trame de rues favorables aux trajets directs et en améliorant l’accessibilité par tous les moyens de transport, une localisation écoresponsable permet à une entreprise d’atténuer son empreinte carbone :

  • en réduisant le kilométrage parcouru en voiture par les employés et par les visiteurs;
  • en facilitant l’adoption de moyens de déplacement moins énergivores, comme la marche, le vélo, le transport en commun ou encore le covoiturage (Barla et collab., 2010), que ce soit pour le navettage ou pour les déplacements du quotidien depuis le lieu de travail, le midi ou le soir.

À titre d’exemple, à Sherbrooke, un travailleur émet en moyenne 1,34 kg éq. CO2 par déplacement pour se rendre à son lieu de travail au centre-ville, et 2,39 kg éq. CO2 par déplacement s’il travaille dans le pôle périphérique de Fleurimont, soit 78 % d’émissions supplémentaires (Vivre en Ville, 2017).

Se positionner en bon citoyen corporatif

La localisation des activités, et des activités de bureau en particulier, a des conséquences directes et à long terme sur la forme urbaine, la vitalité économique et la qualité des milieux de vie. En choisissant une localisation écoresponsable pour ses bureaux, une entreprise se positionne en bon citoyen corporatif, puisqu’elle :

  • contribue à l’économie locale, étant donné qu’une entreprise localisée dans un pôle d’emploi mixte et dense suscite un achalandage qui soutient, en moyenne, l’équivalent de 15 % de sa superficie en commerces à distance de marche (Gibbs, 2012) ;
  • favorise la consolidation urbaine et contribue à la saine gestion des finances publiques en s’implantant dans un secteur déjà urbanisé et en rentabilisant ainsi les infrastructures et les services déjà en place (route, aqueduc, égout, électricité, etc.), tandis qu’un emplacement non desservi par les réseaux nécessite des investissements publics considérables (Malizia et Song, 2015) ;
  • renforce la vitalité et l’animation du quartier ancien ou central qu’elle occupe. L’entreprise peut également affirmer son engagement auprès de la communauté en choisissant d’occuper, voire de rénover un bâtiment d’intérêt patrimonial.

Stratégies de localisation écoresponsable

Au cours du choix d’implantation, certains critères de décision peuvent éloigner une entreprise d’une localisation écoresponsable. Parmi ces derniers, il est essentiel de distinguer ceux qui relèvent de contraintes internes ou externes, pour lesquelles l’entreprise n’a pas ou n'a que peu de marge de manœuvre, de ceux qui relèvent de préférences ou de réflexes qu’il est possible de dépasser de différentes façons, par exemple :

  • en envisageant le coût d’opportunité, au-delà du seul coût au pied carré ;
  • en reconsidérant la surface de bureaux nécessaire, puisque viser trop grand signifie dans bien des cas privilégier des secteurs non écoresponsables ;
  • en choisissant une localisation adaptée aux besoins des bureaux, quitte à les dissocier des autres activités (industrielles, logistiques, de recherche, etc.) ;
  • en privilégiant l’accessibilité par tous les moyens de déplacement plutôt que par le tout-à-l’auto ;
  • en se localisant au cœur du bassin d’emploi, plutôt qu’en cherchant à se rapprocher d’une partie de ses employés qui résident en périphérie.

Selon le profil de l’entreprise et le territoire choisi, de nombreuses stratégies de localisation écoresponsable ont déjà fait leurs preuves pour dépasser ces obstacles : occuper ou rénover un bâtiment ancien dans un centre historique, rejoindre un espace de travail partagé, rendre flexible la capacité d’accueil des employés, etc.

Le guide Localisation écoresponsable des bureaux (Vivre en Ville, 2019) propose différentes stratégies et des exemples inspirants d’entreprises qui ont surmonté ces obstacles.

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Références

BARLA, Philippe, Luis MIRANDA-MORENO et Nikolas SAVARD-DUQUET (2010). Mobilité et changements climatiques – Volume 1 : Formes urbaines et mobilité, que dit la recherche ?. Québec, Université Laval [PDF] 28 p.

GIBBS, Robert J. (2012). Principles of Urban Retail Planning and Development. Hoboken (NJ), John Wiley & Sons, 227 p.

MALIZIA, Emil et Yan SONG (2015). « Does downtown office property perform better in live-work-play centers », Journal of Urbanism: International Research on Placemaking and Urban Sustainability, vol. 9, n° 4, p. 372‑387.

MERCER (2017). Long Commutes Costing Firms a Week’s Worth of Staff Productivity. [En ligne] (consulté le 3 juin 2019).

PEISER, Richard B., et David HAMILTON (2012). Professional Real Estate Development: The ULI Guide to the Business, 3e édition, Washington D.C., Urban Land Institute, 417 p.

QUÉBEC. INSPQ [INSTITUT NATIONAL DE SANTÉ PUBLIQUE] (2014). Potentiel piétonnier et utilisation des modes de transport actif pour aller au travail au Québec : État des lieux et perspectives d'interventions. Gouvernement du Québec [PDF] 109 p.

QUÉBEC. MDDELCC [MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, DE L’ENVIRONNEMENT ET DE LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES] (2018). Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre en 2015 et leur évolution depuis 1990. Gouvernement du Québec, MDDELCC, Direction générale de la réglementation carbone et des données d’émission [PDF] 33 p.

VIVRE EN VILLE (2017). Le poids de l’éparpillement : comment la localisation des entreprises et des institutions détériore le bilan carbone [PDF] 32 p. (coll. L’index)

VIVRE EN VILLE (2019). Localisation écoresponsable des bureaux : choisir un emplacement à haute valeur ajoutée qui réduit votre empreinte écologique. [PDF] 36 p. (coll. Passer à l’action ; 1)